16/07/2006

la suite

J'arrivais enfin devant l'hopital , bien sur , je savais où je devais aller .... je me rendais une fois de plus dans la chambre de ton frère et j'allais bientôt le serrer dans mes bras , autant te dire que l'ascenceur me semblait bien lent......

 

j'arrivais enfin dans le couloir de pédiatrie , et là je fus stoppée par une infirmière , rien que dans son regard , je compris que quelque chose n'allait pas , l'angoisse montait , et je n'avais personne autour de moi , pour serrer la main , pour chercher un peu de réconfort....

 

l'infirmière me dit que ton frère allait plus mal encore et qu'il était impossible de le voir tout de suite , mon coeur ne fit qu'un tour , je me révoltais déjà , je criais déjà tout au fond de moi , mais j'attendais patiemment ....

 

il me fallait à présent , me déguiser pour voir ton frère , j'avais l'air d'un vrai chirurgien et je craignais que ton frère ne prenne peur ou ne me reconnaisse pas.... mais il fallait passer par là .... je pris donc le temps de prendre ma douche , d'enfiler les vetements que l'on m'avait remis et j'entrais enfin dans sa chambre....

il avait l'air épuisé , si petit dans son grand lit d'hopital , j'avais mal , je pleurais , je hurlais à l'intérieur de moi , et je souriais à l'extérieur afin de ne pas l'effrayer .... bien sur , il releva un peu la tête pour me dire bonjour , il ne pouvait pas m'embrasser , il envoyait donc ses bisous avec sa main .... les larmes me vinrent aux yeux ..... et là je reçu une de ces leçons de courage :

 

il me dit : ne pleure pas , ma maman chérie , ne pleure pas , je suis au plus bas , je ne peux que remonter , il faut que je passe par là ( il n'avait que 7 ans ) et je me demandais si c'était bien lui qui avait prononcé ces paroles ....

 

je sèchais bien vite mes larmes et je lui souris , lui disant tu as raison , on va se battre , et nous parlions toute l'après midi de sa maladie , des donneurs éventuels , des prises de sang .... je n'avais pas l'impression de parler à un enfant mais tout simplement à un adulte dans un corps d'enfant..... où était mon petit garçon insouciant , ton grand frère faisant des bêtises avec toi ?????

 

et voilà encore une nouvelle épreuve , un changement d'habitude , de la simple visite on passait à la visite en chambre stérile avec son cortège de protection et ce mur qui se dressait inexorablement entre lui et moi , nous ne pouvions même plus nous toucher .... comment allais-je lui faire comprendre combien je l'aimais au delà des mots????

 

chaque soir que je rentrais , cette affection corporelle que je ne pouvais plus donner à ton frère , je te la donnais , te couvrant de baisers , te prenant dans mes bras sans cesse , je te caressais , te massait et au delà de mes gestes , je te faisait passer tout l'amour que j'ai pour toi ......

tu me demandais sans cesse , "Maman, comment va grand frère , quand reviendra t il ???? je te répondais évasivement , je ne pouvais pas te donner de date de retour , je ne t'ai jamais promis ce que je ne pouvais pas tenir et là je ne savais pas moi même comment ca allait aller.....

 

je jouais avec toi , pour te distraire , je ne voulais pas que tu vois que je souffrais tant en silence , ce silence je le voulais une fois de plus pour te protéger.....

 

pendant une semaine , tous les jours se ressemblaient , l'hopital , le cortège de protection , les trajets en train bus et metro , et chaque soir un peu de repos auprès de toi , tout en pensant à ton frère que je devais laisser seul.

 

L association de parents de ton école , m'ont alors proposé de me conduire tous les jours voir ton frère , il avaient fait un roulement , chaque jour une personne m'accompagnait , je me sentais enfin un peu moins seule , comme personne d'autre ne pouvait entrer dans la chambre de ton frère ( à l'exception des parents et grands parents ) , les gens m'attendaient à la cafétéria , car le médecin avait mis une limite aux heures de visite.....

Le lundi j'emmenais mes parents voir kevin, j'avais l'etrange impression qu'il le fallait..... je les ai laissés un peu seul , chacun à leur tour.... mamy resta la première près de lui , elle fit preuve d'un grand courage , elle riait avec lui , lui changeait les idées et papy regardait par la fenetre .... ce fut ensuite le tour de papy d'y aller , et là mes deux hommes , se firent des confidences en jetant de temps en temps un oeil par la fenetre.....

 

Ce fut mon tour enfin d'entrer , pendant ce temps papy et mamy allèrent à la cafétéria.... ce fut ce jour que ton frère me dit : Maman chérie, je ne veux pas que tu pleures.... j'ai quelque chose à te dire ..... mais ne pleure pas..... papy m'a dit que je devais t' en parler...

 

j'avais déjà la gorge nouée , je savais mon coeur de mère savait ce qu'il allait me dire..... je ne voulais pas l'entendre , mais je ne dis pas un mot .... je pris sa main et je le regardais dans les yeux , cherchant moi même du courage .

je lui dis tout simplement , vas y mon bonhomme dis moi ce que tu veux me dire:

 

il se redressa sur son lit et d'un ton très solennel , il me fit ce petit discours ....

 

Maman chérie, tu sais que je t'aime gros comme ca (il ouvrait ses bras tout grand) , et tu sais que j'aime autant ma soeur Virgi.... Tu sais la cabane que l'on voulait faire avec Papy dans le jardin , bein tu l'a fera sans moi , mais tu mettras quand même nos deux prénoms au dessus....

 

Je lui répondis que bien sur on la ferait mais qu'on allait attendre qu'il rentre.... et qu'il ai repris des forces....

 

il me répondis , "Non Maman , je ne serais plus là .... " et il s'endormit épuisé par l'effort qu'il avait du produire en parlant avec ses grands parents et moi même .....

Je devais le laisser , j'allais donc à la rencontre de mes parents après l'avoir regardé dormir , et l'avoir embrassé au travers du masque.....

 

Nous avons ce jour là repris la voiture , nous avions tous les trois , le coeur gros ... je les ai déposés chez eux et en toute hâte , j'ai alors été te rechercher chez mon amie Christiane chez qui tu passais l'après midi , elle était allée te reprendre dans ta classe à midi car elle travaillait dans l'ecole que tu fréquentais .

 

J'avais hâte de te serrer dans mes bras , de te caliner , mais quand je suis arrivée tu étais partie te promener avec Gilbert son mari et Kevin son fils.... nous avons alors discuté entre femme et je me suis laissée aller , j'ai pleuré et dis toutes mes craintes à mon amie, je n'avais plus beaucoup d'espoir pour ton frère , elle me proposait de te faire loger afin que je me repose , je n'ai pas voulu tu aurais trop vite compris qu'une fois de plus quelque chose n'allait pas , alors nous sommes rentrées à la maison , nous avons pris un bain ensemble comme à notre habitude , mais voyant que je n'etais pas très bavarde tu m'as bombardée de question au sujet du grand frère , je suis sure que tu n'étais pas dupe devant ma fausse positivité.... et avec ton petit coeur d'ange , tu m'as dis:

Tu sais Maman d'amour..... tu m'appelais souvent comme cela étant petite.... tu sais que si grand frère viendra à etre mouru , moi je serais là pour toi ..... Mon dieu mon bel ange , encore si petite et déjà tu voulais me protéger .... nous avons même dormi dans le même lit ce jour là , ni l'une ni l'autre ne voulions nous séparer ..... je téléphonais toutes les trois heures à l'hôpital pour prendre de ses nouvelles et ce sans te réveiller et je venais me reblottir tout contre toi après..

 

Le lendemain , comme à notre habitude , je t'ai fait levé , déjeuner et habillé pour te conduire à l'ecole .... nous étions le jeudi 16 avril 1992.

( je te raconterais la suite demain)

23:55 Écrit par TA Maman dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Encore... un pas de plus pour ôter le poids que tu portes en Toi.

C'est si dur à lire et pourtant les faits sont là. Lorsqu'on vit la situation on ne peut que la subir ...

Doux baisers à toi, ch'tite maman formi.

la tite princesse

Écrit par : Sarah | 17/07/2006

a mon amie de longue date ma chérie en lisant je suis revenue des année en arriere et je revois ton petit kèkè bon sens ma belle tu est un exemple pour moi et je t'aime beaucoup je suis iper heureuse de t'avoir retouvée

Écrit par : chantal | 17/07/2006

admiration J'admire votre courage d'écrire tout ça, votre courage pour toute la vie que vous menez... J'ai beaucoup de mal à contenir mes émotions en vous lisant... Bravo et bon courage pour la suite...

Écrit par : La p'tite | 17/07/2006

C'est la gorge serré j'ai lu votre message Nous avons deux fils et ce que vous avez vécu nous l'avons vécus.

Mon petit garçon Simon à 4 ans il a déjà du être réanimé 4 fois.
Et 4 fois nous lui avons sauvé la vie.

Pas beaucoup de personnes savent cela.

A Chaques fois ce fût un choc ! je n'oublierez jamais c'est moments !

Mais nous avons malgré tout de la chance Simon est toujours en vie et il est plein d'energie.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela , je dois l'avouer je ne suis pas du genre à raconter ma vie.

Mais notre force c'est l'amour

tout comme vous je penses

amitié

Écrit par : Pascal | 17/07/2006

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