18/07/2006

voila la suite mon ange

Après t'avoir habillée , on se mit en route , nous étions un jeudi , le 16 avril 1992 (date que l'on oublieras jamais) ....

Je te déposais dans ta classe comme tous les jours, après avoir été chercher la petite fille de la dame handicapée au bas de la rue si tu te souviens....

Je te couvris de baiser , et je te laissais à ton insouciance d'enfant .... je me dirigais comme d'habitude vers la sortie , et j'attendais (en fumant une cigarette) , mes deux amies  Chantal et Domi ..... nous avions pour habitude de prendre le café tous les matins , tantôt chez l'une tantôt chez l'autre et comme nous faisions partie de l'association de parents , nous en profitions pour discuter des sujets concernant l'école et les enfants ..... Mais ce jour là , nous n'avions pas le coeur de parler de cela et la conversation couru une fois de plus sur le grand frère et toi ....

Mais je ne pouvais rester , il me fallait encore me rendre au tribunal, pour règler une affaire concernant ton frère.... c'est le coeur gros que je quittais mes amies , qui se voulaient rassurantes ....

 

Arrivée au tribunal , mon avocat m'attendait, nous avions obtenu une audience privée vu les circonstances , et mon avocat demanda au juge de remettre sa décision sur le champ.... surtout que grand frère avait besoin de moi .

Je gagnais mon affaire sans trop de difficultés et l'on me remis le jugement tout de suite , j'ai presque eu envie de sauter au cou de mon avocat et de l'embrasser ,mais je m'absteins , je repartais sur les chapeaux de roue car je devais aller à la rencontre de mon autre amie Christiane qui avait choisi ce jour là pour m'accompagner à l'hôpital ......

 

Nous sommes arrivées aux alentours des 16h45 , je montais bien vite à l'étage où ton frère était.

Mais je fus à nouveau stoppée par une infirmière qui me dit

"Vite madame , on a essayé de vous appeler mais votre gsm était coupé (bein oui dans un tribunal , c'est normal)" , il faut vous dépècher , il ne lui reste que quelques heures ou quelques minutes à vivre " , j'ai cru que j'allais exploser , je ne me suis même pas retournée vers mon amie, j'ai laché sac et sachet que je portais et j'ai couru .

 

Je suis arrivée près de lui , il ne bougeait plus , respirait à peine , il était pleins de tuyaux , une infirmière était à coté de lui , elle me fit signe que je pouvais entrer sans les vêtements de protection , je m'avancais vers lui en lui parlant , il gémissait doucement ..... je l'ai pris dans mes bras comme le jour où il est né .... j'ai puisé dans mes dernières ressources , et lui ai parlé doucement à l'oreille , je voulais l'aider à partir, à quitter ce monde sans souffrance , je le caressais et lui dit : "Va mon amour , je t'ai donné ton premier souffle , je te rends le dernier" . Il a ouvert une dernière fois les yeux , la grimace qu'il faisait se voulait un sourire et il a fermé les yeux dans un profond soupir, je l'ai gardé tout contre moi pendant quelque minutes et ensuite l'infirmière est venue couper tous les appareils , ils ne servaient plus à rien.

Avec beaucoup de douceur , elle m'a demandé de sortir , il fallait qu'elle lui enlève tous ses tuyaux et que l'on s'organise pour le ramener à la maison.

Je suis sortie et mon amie m'attendait , de ce moment je ne me souviens de rien , il me semblait que j'avais quitté la terre tout comme lui .... il parait que j'ai poussé un hurlement et que je suis tombée dans les bras de Christiane.

L'infirmière est venue me faire une piqûre calmante , mais ca ne m'a rien fait , elle m'a remis la peluche que ton frère tenait dans ses bras lorsqu'il est décédé et qu'il lui avait été offerte par sa marraine, ma petite soeur Patricia...

J'ai du faire le chemin de retour sans lui , car on m'avait demandé si l'on pouvait pratiqué une autopsie , et j'avais dis oui , si l'on ne touchait pas à son visage et ses mains.

Ils ne devaient faire qu'une petite entaille au niveau des côtes, je leur accordait cela , en me disant que si cela pouvait aider d'autres enfants à être sauvés , ton frère l'aurait voulu ainsi.

J'ai demandé à pouvoir passés deux coups de fil , je voulais avertir mes parents moi même ainsi que ta tante Patricia , sa marraine.

J'ai fait tout le chemin de retour , en pleurs , et en serrant la peluche dans mes bras.... De retour à la maison , Christiane avait prévenu l'association de parents , je suis rentrée et me suis assise dans mon divan , d'où je n'ai plus bougé jusqu'à son enterrement......

Le soir même , Chantal et Dominique étaient là à mes cotés , elles me réconfortait de leur mieux , Chantal fût la seule à penser à toi , et elle s'occupa de toi , te faisant manger , te baignant et te mettant au lit .... tu posais des questions et je n avais même plus la force de te répondre , alors je te serrais dans mes bras et te calinait tandis que tu sèchais mes larmes avec tes petites mains...

Quand Chantal t'a mis au lit , tu ne voulais pas dormir , tu avais peur de fermer les yeux , tu avais peur de faire comme grand frère ne plus les rouvrir..... Chantal essayait de te rassurer au mieux , puis ta marraine Régine est montée dans ta chambre et elle t'a bercer jusqu'à ce que tu t'endormes enfin.... en te promettant que le lendemain , maman serait là et toi aussi.

Ma petite soeur Patricia est arrivée à son tour , après mon frère Didier et sa femme Mireille. Il me fallait encore faire un effort car ils ne se parlaient pas , je leur dis  à tous les deux , "personne ne part d'ici , votre place est auprès de moi , si l'un ou l'autre ne veux pas voir l'autre , c'est celui là qui s'en va".... Il y a d'abord eu un froid, ensuite la conversation s'est établie et ils ont fini par se reparler.

Pendant ce temps Chantal et Dominique essayait de me faire boire et manger , mais je refusais obstinément, elles ont alors appelé un médecin ami , qui a bien voulu se déplacer en pleine nuit pour m'aider , il m'a refait une piqûre et leur a dit que je devais m'allonger , sinon je risquais de tomber.

Patricia et Didier sont alors partis s'occuper de leurs enfants en s'assurant que je ne resterais pas seule. Ta tante voulait te reprendre mais je ne voulais pas , on t'avait promis que je serais là à ton réveil et je voulais qu'il en soit ainsi.

Je me souviens que sous l'emprise de la piqûre , je rouspètais sur Chantal et Dominique parce qu'elle m'avait donné un coussin trop dur.

Il paraît que j'étais agressive , mais elles ont su passer cela sous silence comprenant combien je souffrais.

 

cette souffrance je te l'expliquerais demain

 

02:01 Écrit par TA Maman dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Il y a des jours comme çà
Où tu ne sais plus ce que tu fais là
On t'as retiré ce que tu avais
De plus cher au monde
Et toi, tu restes là à te morfondre

Tu as envie de le rejoindre
Mais il faut te ressaisir et ne pas t'éteindre
Il faut vivre et réapprendre à sourire
À t'amuser et à rire

Il ne faut pas t'abattre
Mais au contraire combattre
Il ne voudrait pas te voir souffrir
Il voudrait te voir te régaler des plus beaux plaisirs

De la vie sur terre...
Pense que chaque fois que tu pleures son cœur se serre
Il a mal de te voir ainsi
Alors pense à ton fils, ton tout petit

Et sois forte, Courage
Mais ne tourne pas la page
Et souviens-toi de tous les beaux moments
Passés à côté de ton tendre enfant...

Écrit par : Sarah | 18/07/2006

pas de mots ! Mon dieu. Quels mots trouver ? Maintenant que je suis mère, je sais un peu plus imaginer la souffrance que serait de perdre mon petit bébé mais je crois malgré tout que c'est impossible. Je n'ose imaginer ce que vous avez pu endurer... Ca ne devrait pas exister. Quelle injustice.
Non, je ne trouve pas de mots à vous dire et pourtant j'aimerais tant...
Sinon que je suis très triste de constater que des mamans aussi formidables, que vous avez l'air d'être, ne devraient jamais vivre ça. Je me répète ; sans doute parce que je ne ressens rien d'autre que de l'injustice...je suis en colère contre... contre... je ne sais pas et vous non plus j'imagine mais que ressentir d'autre...
Je vous souhaite du fond du coeur de vivre des tas et des tas de choses merveilleuses, à vous et à votre fille (qui a l'air tout aussi merveilleuse). J'espère que le destin va tenter de se faire un petit peu pardonner (il ne le saura probablement jamais), vous le méritez je pense. Je ne vous connais pas mais il y a des choses qui ne trompent pas et quand je lis vos attitutes avec votre fille par exemple ou vos commentaires pour mes petits soucis, je ne peux qu'en conclure que vous êtes une SUPER MAMAN et super tout court ! Je vous souhaite le meilleur devant vous...avec votre fille et peut-être les petits-enfants qui vous combleront...
" On n'oublie rien de rien, (...), on s'habitue c'est tout ! " (Jacques Brel).
Je vous embrasse.
Nathalie : petite maman.

Écrit par : La p'tite | 18/07/2006

SAlut Merci pour le com sur mon blog
Mais il y a un ch'ti problème c'est bonjour chère Blogueuse pour un homme ça fait bizarre lol
Ou alors il faut que je pense à me faire Opérer LOL

Bisous
Au plaisir de vous lire

Pascal ou Pascale je ne sais plus hihihihih

Écrit par : Pascal | 18/07/2006

Vous êtes courageuse Continuez à vous battre pour votre fille, je vous envoie de gros bisous,elle est très dure votre histoire,que Dieu bénisse votre petit ange.
a++

Écrit par : pascal | 18/07/2006

la perte d'un enfant et sa souffrance sont intolérables
j'ai pris le temps de lire ce blog depuis son début
j'espère que ta fille le lira quand elle aura la maturité nécessaire ou dans un moment de doute
ce jour-là, elle aura la plus preuve d'amour ...

Écrit par : pommefraise | 18/07/2006

trop beau mes tellement de soufrance je ne sais pas quoi te dire a part que ses super beau comme texste et que tu ma fait couler les larme je t envoye de gros bisous continue sur ta ligne biz

Écrit par : patricia | 18/07/2006

tres bien, pour Virginie,mais surement très dur pour maman courage de pouvoir en parler bonne continuation.

Écrit par : petzouille. | 18/07/2006

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